Quand le vélo s’invite dans le service de livraison, rencontre avec la coopérative « les Coursiers Nantais »

La cyclo-logistique, une opportunité pour offrir des services de livraison décarbonés en centre-ville ? Quelles mesures et infrastructures mettre en place pour favoriser ce type d’initiative ?

Temps de lecture :  9 min – 31 Août 2020 – L’équipe de LaVilleE+


Livreur à vélo en train de livrer des colis sur un vélo cargo
François, coursier et coordinateur chez les Coursiers Nantais, nous parle de son expérience dans le domaine de la livraison à Nantes, de la cyclo logistique et des structures coopératives. Vélo cargo, piste cyclable, SCOP, SCIC, COVID 19, Coop Cycle, il nous raconte.

Peux-tu nous raconter l’histoire des Coursiers Nantais ?

“Les Coursiers Nantais ont été créés en 2017 par 5 coursiers qui travaillaient chez Take It Easy, l’ancêtre de UberEats et de Deliveroo. Suite à la faillite de ce service, Christophe, Erwan, Léo, Simon et Victor voulaient créer un service alternatif, une coopérative de coursiers, pour s’émanciper des plateformes. Ils se sont constitués en novembre 2017 en association de préfiguration pour ensuite créer une SCOP (Société Coopérative et Participative). Ils ont trouvé un lieu pour faire de la logistique urbaine, et ensuite, ils ont commencé à développer le flux, l’organisation et la coordination.”


Comment vous différenciez-vous des autres types de service de livraison ?

“Dans notre structure, nous avons développé des plannings pour gérer l’organisation des courses et des flux. Nous avons aussi un local afin que les coursiers puissent aller en pause, pour qu’ils puissent faire de la maintenance, ou d’autres activités lorsqu’il y a moins de flux logistique. C’est justement là notre force. Tout le monde a plusieurs fonctions que ce soit pour du rangement, de la gestion des stocks, de l’entretien de matériel ou de l’administratif. Tout le monde est multi-casquette. Ensuite, au niveau du droit salarial, il y a une différence énorme entre ce que les services de livraisons font et ce que nous faisons. Entre les mesures sociales et écologistes, on est totalement différent. 

L’idée de base était vraiment d’offrir une alternative à ces services, qui à Nantes sont surtout proposés par des coursiers en scooter. Concurrencer UberEats et Deliveroo, c’est compliqué et aujourd’hui impossible. Ils ont un pouvoir de communication qui est extraordinaire. Attention, on ne peut pas leur enlever qu’ils ont révolutionné ce métier. Ils ont su apporter une certaine innovation technologique et surtout créer un besoin de façon très forte. Mais, ils n’ont pas réussi à offrir un service parfait.

Par exemple, il y a eu plusieurs plaintes sur le mois de juin à Nantes sur les scooters Deliveroo, UberEats, Stuart parce que cela fait du bruit. Il y a des attroupements de coursiers très importants un peu partout dans la ville qui attendent des demandes.

Nous, les Coursiers Nantais, nous avons un autre type de relation avec nos clients. Ce ne sont pas forcément des clients en tant que tels : ce sont aussi des partenaires avec lesquels on travaille. Il y a un réel contact humain qui se fait. C’est aussi ce qui s’exprime quand l’habitant Nantais nous voit partir de chez notre partenaire, et qu’il nous voit passer dans la rue avec notre vélo, il est vraiment sur un regard qui est de bonne augure. Comparé à un véhicule motorisé qui va déranger tout le monde, il y a vraiment un relation sympathique qui se fait avec les coursiers sur leur vélo cargo.”

Comparé à un véhicule motorisé qui va déranger tout le monde, il y a vraiment un relation sympathique qui se fait avec les coursiers sur leur vélo cargo


En termes de matériel, c’est bien le vélo cargo qui est au coeur de la pratique n’est-ce pas ?

“Alors oui, en terme de matériel, c’est effectivement le vélo cargo que l’on utilise le plus, mais nous avons aussi du vélo électrique et du vélo classique. En plus de cela, nous avons également 2 vélos cargo à assistance électrique et aussi des remorques – avec simple plateau ou caisson. Tout dépend du besoin qu’il va y avoir en face et aussi de la météo. En temps de pluie ou quand il fait beau, nous n’avons pas les mêmes contraintes, donc le matériel peut changer.

On peut se demander pourquoi du matériel électrique ? De base, je ne suis pas forcément pour, mais nous avons opté à cela pour 2 raisons. La première est le fait que quand nous transportons du très lourd, cela est quasi-nécessaire. Outre le poids, il y a aussi la prise de vent. Quand le colis est volumineux, la prise de vent va être un réel problème car cela va être vraiment compliqué à pousser. En fin de journée, nous n’avons pas forcément envie de dormir directement quand nous rentrons chez nous, parce qu’on est trop fatigué par les livraisons.

Il y a une autre raison au matériel électrique. Aujourd’hui, nous avons une base avec des coursiers qui ont des performances très fortes. Néanmoins, demain, il faut que ce soit un métier qui puisse être ouvert quasiment à n’importe qui. Il s’agit de se dire que si demain nous sommes 200, nous n’aurions pas forcément que des sportifs de haut niveau. Nous aurions des coursiers plus lambda, qui peuvent être attirés par la logistique ou alors qui aiment bien faire du vélo. Dans ce cas, l’assistance électrique est nécessaire pour pouvoir garder un minimum de performances parce qu’il faut atteindre un certain seuil de rentabilité. Nous n’avons pas de subventions, donc une pérennité économique doit être trouvée. Cela passe par des vélos électriques qui permettent à des personnes qui ont moins de capacités physiques de pouvoir exercer le métier, sans pour autant souffrir physiquement et mentalement. En effet, quand nous faisons des performances plus faibles que les autres, nous le réalisons. Surtout dans notre métier, nous le voyons. On se demande régulièrement combien de courses nous effectuons. Même si cela dépend de ce que nous portons, il arrive que pour un même type de colis, quelqu’un fasse 30 livraisons, et un autre 15. Forcément, moralement, cela est compliqué, il est possible de se remettre en question sur sa rentabilité et son efficacité. Ce n’est pas du tout l’objectif et l’esprit des Coursiers Nantais. Nous voulons que chaque salarié puisse travailler dans de bonnes conditions autant physiques que morales.”


Concernant l’activité en elle-même, qu’en est-il ?

“L’entreprise a bien avancé. Nous sommes passés d’à peine 250 flux mensuels sur le début de l’année 2019, à 1200 flux sur 2020 – avec des livraisons qui vont de 2kg à 250kg. Il y a des livraisons sur 3 km qui vont prendre 2min, et d’autre où il faut charger et décharger. L’objectif était de trouver une certaine gamme de services en 2019. Nous avons étoffé les offres pour faire en sorte qu’il y ait une clarification sur le métier de cyclo logistique urbaine que nous avons. Aujourd’hui, nous avons 5 services de livraison.

Nous avons le service de livraison de repas, qui est davantage dédié aux entreprises. Ce sont des restaurants qui font appel à nous quand ils ont besoin de livrer par exemple 120 menus. Nous pouvons livrer cela en 1 seule fois avec un vélo-cargo et des remorques. Ensuite, il y a la livraison de petits colis, qui est classique sur la livraison à vélo. Nous proposons aussi la livraison de froid positif. Cela est vraiment à disposition des professionnels. Cela peut être de la livraison de pain par exemple, pour les restaurants donc. Nous partons d’une boulangerie avec une dizaine de points de tournée à faire et nous livrons les restaurants en pains ou de tout ce qu’ils vont avoir besoin – fruits et légumes avec des cagettes par exemple. Cela est surtout consacré aux restaurants, mais pas que. Il y aussi dans le bouquet d’offres la livraison des courses quotidiennes. Ce service est destiné à n’importe qui souhaitant se faire livrer de courses, que ce soit une épicerie, ou même un magasin sur Nantes Métropole. Enfin, il y a la collecte d’encombrants et les déménagement. C’est quelque chose que nous sommes entrain de faire évoluer. La collecte d’encombrants notamment concerne la collecte de cartons, dont l’objectif est de pouvoir amener cela ensuite, non pas sur des éco-points classiques, mais grâce à des partenariats à des associations locales qui vont directement faire une transformation de ces cartons dans une logique circulaire. C’est vraiment quelque chose qui nous tient à coeur. L’objectif est d’augmenter ce type de flux pour la rentrée de septembre 2020 pour assurer notre position à ce niveau là.” 


Quelle a été l’importance du passage en SCOP ?

“A partir du moment où nous sommes passés en SCOP, la vision de l’entreprise a changé. Déjà nous ne sommes plus une association, donc nous sommes considérés autrement par les autres acteurs de logistique urbaine. Même en interne, nous nous sommes dits que le projet était vraiment lancé. C’était vraiment important de faire cela. Chacun a commencé à avoir son rôle précis au sein des Coursiers Nantais : trésorerie-facturation, gestion des stocks et de la flotte, logistique interne, dispatcher, activité du quai logistique, chargements, dé-chargements, développement web, communication et coursiers évidemment. Chacun a commencé à prendre son envol à ce niveau là tout en étant accompagné au maximum. C’était aussi l’objectif de faire en sorte que chacun gagne en compétence.”


Avez-vous été soutenus par d’autres entités dans ce processus ?

“Effectivement, des formations ont été mises en place de façon extérieure avec Les Ecossolies. C’est la structure nantaise qui gère l’ESS (Economie Sociale et Solidaire) sur le territoire. Nous avons été incubés pendant 1 an, ce qui a permis d’avoir des formations pour tout le monde afin de monter en compétence sur ce qui plaisait à chacun. Ce n’était pas juste sélectionner les compétences que nous avions déjà. Ce n’est pas parce qu’une personne aime les chiffres qu’elle est obligée d’être trésorier. Sur toute l’année 2019, nous avons profité de ces formations, et en parallèle, continué à augmenter la quantité de flux, et bien sûr de faire la transformation en SCOP. C’est ce qui est arrivé, puisqu’en 2020, au 1er janvier 2020, nous sommes passés en Société Coopérative.Tout le monde a alors pu passer en mode salariat.”


Et le COVID 19 dans cette dynamique ?

“Durant le confinement lié au COVID 19, nous nous sommes totalement transformés. En fait, nous avons perdu tous les restaurants avec qui nous travaillons, que ce soit pour la livraison de pain, pour du service régulier de restaurant à restaurant, pour ceux qui ont des cuisines centrales par exemple. Donc nous avons perdu toute cette partie là. Notre métier s’est alors transformé du business to business vers du business to consumer. C’est à dire que la livraison de courses quotidiennes a commencé à un peu exploser, nous nous sommes dit qu’il serait encore plus pertinent de créer une plateforme de livraison à destination des professionnels – l’épicier local, le fromager, le boucher – pour que le nantais puisse commander dessus. Le consommateur a donc le choix de pouvoir commander localement et non pas devoir aller absolument en hypermarché pour aller faire ses courses, sachant que dans cette crise du COVID 19, l’objectif était de ne pas sortir. 

Durant le confinement lié au COVID 19, nous nous sommes totalement transformés.

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Nous avons entrepris cela et nous avons décidé de pousser le principe. A ce moment, nous avons créé la plateforme et nous nous sommes dits que c’était bien de créer un tel outil, mais qu’au final le service était comparable à UberEats ou Deliveroo – à la seule différence bien sûr que nous, nos coursiers sont salariés, le matériel appartient à l’entreprise, etc. Donc nous nous sommes demandés “pourquoi cette plateforme de livraison appartiendrait-elle qu’à nous et pas à tout le monde ?”. Nous avons alors changé la chose et créé ce qu’on appelle une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif). 

Dedans il y a 1 personne ou plusieurs personnes, et cette SCIC va détenir la plateforme de livraison. Dedans, il y a possibilité d’acheter des parts sociales. En achetant des parts sociales, il est possible d’agir sur la stratégie mais aussi sur la refonte des dividendes pour faire en sorte qu’il y ait un bon usage. Je précise que ce sont des parts sociales à faible coût. L’objectif n’est pas d’aller chercher de l’argent, c’est vraiment de partager cette richesse. En achetant des parts sociales, la personne se retrouve dans ce qu’on appelle un collège. Les collèges sont ceux qui vont vraiment pouvoir acter des choses sur la SCIC. Il y a 4 collèges au total. 

Le premier est le collège des commerçants. Il est composé de l’épicier, du fromager, etc, qui vont potentiellement acheter des parts sociales en plus d’être utilisateurs de la plateforme. Ils se retrouvent alors avec la possibilité d’avoir leurs mots à dire dans le collège des commerçants. Ensuite, le collège des commerçants va représenter auprès de la SCIC tout ce qui a été dit de la part des commerçants.

Dans le collège de logistique, il y a la SCOP des Coursiers Nantais. Demain, on ne sait jamais, il peut y avoir un concurrent ou 2 à nous, qui intègrent cette plateforme en achetant également des parts sociales. A partir d’un certain seuil de demande, il peut être intéressant de pouvoir faire intervenir d’autres parties prenantes, nous en avons bien conscience.

Il y a également le collège des consommateurs. Etre consommateur c’est bien, mais pourquoi cette personne n’aurait pas aussi son mot à dire sur la plateforme ? Pourquoi ne pourrait-il pas exprimer ses envies comme par exemple monsieur ou madame x qui dirait “moi j’aimerais bien que le fromager  qui se retrouve à la rue Carnot soit sur la plateforme parce que c’est là que je vais faire mes courses” ? Cela engendre une discussion autour du fait de “pourquoi ce commerçant n’y est pas”.  Cela peut être dû à plusieurs raison, le fait que nous ne l’ayons jamais démarché, ou bien parce qu’il ne présente pas les mesures éthiques nécessaires fixées. L’objectif est d’avoir toujours une discussion à l’intérieur de la société coopérative et de faire en sorte que nous puissions intégrer au maximum les demandes, avec bien sûr un débat. En fait, c’est une réelle démocratie à l’intérieur. 

Enfin, il y a aussi un collège d’investisseurs et de collectivités. Cela peut être autant la ville de Nantes, que des associations de commerçants ou des investisseurs privés. Par exemple, on peut penser au groupe d’investisseurs des CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire), qui pourrait arriver dedans et soutenir ces dynamiques. Cela pourrait aider à changer les choses.

Au final, la stratégie de commercialisation se retrouve entièrement faite par la totalité de ces personnes et collèges, et non pas juste avec nous, la SCOP des Coursiers Nantais. 

Pour l’instant, nous détenons toujours cette plateforme parce que la SCIC est en cours de construction et devrait voir le jour entre octobre et novembre. Cela correspond au temps de constitution de la structure juridique. Néanmoins, cela ne nous empêche pas dès à présent de discuter ensemble. Pour le tarif par exemple, nous ne sommes pas arrivés en disant que nous allions prendre x% du chiffre d’affaire de nos partenaires commerçants. Dès le début, nous avons eu cette optique de monter la plateforme pour les commerçants, donc de ne rien leur faire payer. C’était seulement le consommateur qui payait les frais de livraison. Ca a été vraiment un choix. Après sur le long terme, cela n’est pas tenable mais nous allons définir le pourcentage prélevé en commun avec les commerçants. Il ne s’agira pas d’avoir un taux fixe, mais participatif et adapté à chacun.”


Est-ce que la structure et les infrastructures urbaines d’aujourd’hui sont adaptées à vos besoins ?

“Un plan a été mis en place par Nantes métropole pour faire des modifications sur l’espace urbain, je pense donc que certaines choses vont pouvoir changer. Je pense notamment à un élément, même si cela peut paraître paradoxal, ce sont les pistes cyclables. J’ai vraiment l’impression que ceux qui font les pistes cyclables n’ont jamais fait du vélo de leur vie. 

Le principe de la piste cyclable est très bien et permet d’être protégé. On se dit alors que cela est parfait pour le cycliste. Seulement, 2 types de problèmes sont rencontrés. Le premier est que lorsqu’un cycliste arrive au bout d’une piste, il se retrouve toujours face à un stop où la priorité se retrouve du côté de la voiture. Sauf que quand quelqu’un fait du vélo ou qu’il est lancé, une inertie est créée. Un arrêt demande un effort supplémentaire conséquent pour devoir repartir et encore plus chargé. En plus de cela, comme nous, nous sommes sur de la logistique urbaine, il suffit que nous transportions des produits fragiles pour être embêtés. Plus nous nous arrêtons et plus il y aura d’accoups. Plus nous repartons, plus le colis se balancera. C’est pour cela qu’il faut l’aménagement d’un maximum de lignes droites, et surtout éviter que les cyclistes soient confrontés à ce type de situation. De même, il y a un souci avec les pistes cyclables qui, au lieu de longer la route, font prendre des virages pour passer dans des coins isolés, alors que la route est droite. Parce qu’il y a une intersection, les cyclistes doivent prendre une route totalement à part, souvent dangereuse car il y a forcément un risque de croisement – notamment avec des virages à 90° sans visibilité. Cela nous oblige aussi à ralentir fortement. Le cycliste se retrouve donc dans le même problème que le stop, à savoir une perte de toute l’énergie qu’il a pu avoir et de toute son inertie : ca n’a absolument pas de sens. 

Cela est délicat et compliqué de se plaindre d’avoir des pistes cyclables, mais oui, elles ne sont pratiquement pas faites pour nous. En fait, en voulant faire une bonne action mais qui est mal faite et pas concertée, on se retrouve avec ce genre de contrainte.

Outre cela, concernant l’emplacement des pistes cyclables à Nantes, il faut savoir qu’il y en a sur le côté et au milieu de la route. Ce dernier aménagement est plutôt ingénieux mais le problème est que lorsque les voitures tombent en panne, elles se mettent sur la piste cyclable. Je ne comprends pas cette logique, si vous avez des problèmes de voiture, restez sur la place allouée à la voiture. Nous quand nous avons un problème de vélo – parce que nous avons déraillé ou que nous avons un problème de pneu – nous ne mettons pas sur la voie des véhicules pour faire notre réparation. Je pense qu’il y a un vrai travail à faire de la part de Nantes métropole pour que les véhicules arrêtent de se mettrent sur les pistes cyclables – notamment concernant les camions de livraison. Il faut vraiment qu’il y ait un contrôle pour réguler ce flux. De même, légalement, à partir du moment où quelqu’un est en scooter, donc motorisé, pour faire de la livraison, il a l’obligation d’obtenir une licence de transport de marchandises. Or, la plupart des auto-entrepreneurs travaillant chez nos concurrent ne l’ont pas et il n’y a pas de contrôle d’établi. Cela me pose un souci parce que c’est de la concurrence déloyale.

Pour résumer, plus il y aura de pistes cyclables – et bien conçues  -, mieux ce sera. J’espère que le coeur du centre-ville sera un jour complètement fermé à la circulation des véhicules. Il faut savoir qu’il y a déjà des villes comme Strasbourg qui ont déjà mis cela en place, avec des accès limités au centre de 7h à 10h pour les voitures. A Nantes, je crois qu’ils ont commencé à en parler, mais cela semble en être encore au stade embryonnaire.” 

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Est-ce que les différentes initiatives de type cyclo logistique communiquent entre elles ?

“Oui, tout à fait ! Il y a un réseau d’entraide qui s’appelle Coop Cycle qui est notre logiciel et notre plateforme de livraison. C’est également une fédération qui réunit les différentes coopératives de coursiers à vélo, que ce soit en France, en Europe et dans le monde aujourd’hui puisque qu’il y a une coopérative du Brésil qui vient de l’intégrer. C’est assez sympathique effectivement. Cela permet notamment un échange de bons procédés et de découvrir différentes initiatives et territoires.”


Comptez-vous développer votre service de livraison dans d’autres métropoles ?

“Nous avons déjà pensé à partir dans d’autres villes, mais nous ne partirons pas n’importe où. Le plus important est de voir ce qu’il y déjà en termes d’opportunités et place sur le marché. Par exemple à Rennes, il y a les Triporteurs de l’Ouest qui sont déjà présents, ainsi qu’une SCOP qui s’appelle Tout en Vélo. Cela n’aurait absolument aucun sens d’arriver là bas et de faire de la logistique urbaine et concurrencer tout le monde. Cela n’est pas dans notre optique. 

Par contre, arriver sur une ville où il n’y a absolument rien et tout à créer, cela peut être intéressant d’y venir et de s’y développer, d’autant plus si l’un de nous a la compétence du terrain, parce qu’il y a passé sa jeunesse ou ses études.

Dans tous les cas, avec notre entité qu’est la SCOP, l’impact reste différent de celui d’une entreprise classique. C’est une démarche différente d’arriver et de monter des agences de manière classique. Là, les personnes qui seraient employées de façon locale, appartiendraient à la coopérative. Cela reviendrait au même que si une coopérative locale émergeait, à la différence que nous, les Coursiers Nantais, nous apportons une expérience et une stabilité potentielle.”

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